L’absence de toute critique envers la Palestine
Éditorial du Wall Street Journal du 2 Novembre 2009
Par
Thème : Proche-Orient
Titre original de l'article : Palestine's Missing Critics
Traduction: Objectif-info
Où sont les dénonciations des atrocités commises par Ramallah ?
Israël fait l’objet des critiques le plus sévères en défense des droits des Palestiniens. Nous sommes donc curieux d’observer les conséquences, ou l’absence de conséquences, des révélations sur les brutalités commises en permanence par l'Autorité palestinienne contre ses propres administrés en Cisjordanie, au moment où elle bénéficie d’un flot bien entretenu de dollars et d’euros.
Haitham Arar, un important responsable de l’Autorité Palestinienne qui parlait ouvertement des abus commis, a été cité par The Daily Mail il y a un peu plus d’une semaine. C’était à la suite d’un reportage du magazine dominical de janvier qui illustrait les tabassages, le fouet, les agressions à la perceuse électrique et autres formes de torture appliqués à quiconque semble contester l’autorité du Fatah, le parti de Mahmoud Abbas. Le meurtre et le viol sont aussi d’un usage banal.
Comme le souligne Tom Gross, un expert du Moyen-Orient, les seules informations sur ce sujet émanent d’un journal occidental qui a pris la peine d’écrire quelque chose sur la question. Si un peu d’encre a coulé pour décrire les méthodes brutales du Hamas, on a été beaucoup plus discret pour les abus du Fatah depuis que Yasser Arafat a pris le contrôle de la majeure partie du territoire en 1993. Pire encore, les gouvernements occidentaux soutiennent cette violence fratricide à travers une aide dont le volume est toujours croissant. A la date du 15 septembre, l'Union européenne a apporté 268 millions d’€ à l'Autorité depuis le début de l’année, et en juillet les États-Unis ont consenti une rallonge de 200 millions.
L'argent va pas cesser de couler maintenant, au moment où Ramallah n'essaye même plus de cacher les mauvais traitements qu’il inflige. La réponse de Westminster s’est limitée à l’envoi d’officiers en Cisjordanie pour apprendre aux forces de l’Autorité comment agir sans torturer les détenus.
Voila où nous en sommes face à ces crimes contre la morale. Quand la Grande-Bretagne est accusée de complicité avec les États-Unis pour des interrogatoires, des procès, des enquêtes, les menaces de mise en jugement de Tony Blair pour crime de guerre arrivent rapidement. Quand Israël attaque le Hamas afin d’en finir avec les tirs de fusées sur son sol, il risque d’être trainé devant la cour pénale internationale. Mais quand les Occidentaux envoient des milliards à un gouvernement palestinien dont les sévices permanents sont sur la place publique, il y a un silence quasi total.
