Site menu:

 






PARUTION
DU N°14 DE
CONTROVERSES

SOMMAIRE


REVUE
CONTROVERSES
SOMMAIRES

Le rapport Goldstone : un permis de tuer

par Moshe Arens, pour Haaretz

Par
Thème : Europe

Article publié le 06 octobre 2009

Titre original : A license to kill

Traduction : Objectif-info

Si le rapport Goldstone est lu avec une extrême attention en Israël et dans les capitales du monde entier, il est aussi intensivement analysé par les terroristes voués à la destruction de l'état d'Israël, et ils doivent pousser des soupirs de soulagement.

Ce n'est pas seulement parce que les terroristes du Hamas de Gaza s’en tirent à bon compte avec ce rapport : de toute manière ils ne devaient pas vraiment craindre d’être traduits devant la Cour internationale de Justice.

C’est parce qu’ils peuvent interpréter le rapport comme une approbation internationale de leurs opérations militaires contre des centres de population civile, écoles, hôpitaux, camps de réfugié, etc., opérations auxquelles ils se sont adonnés durant des années en lançant des fusées sur les villes et les villages du sud d'Israël, et qu'ils ont poursuivies pendant l'opération militaire israélienne dans la bande de Gaza.

A partir du rapport, il est clair pour eux que la mise en œuvre d’unités de tir de fusées sur les centres de population civile sera dorénavant une tactique militaire prisée. Ils pourront espérer l'appliquer dans l'impunité, du moins avec le bénéfice d’une immunité injustement obtenue en cas de riposte israélienne. Cette riposte est susceptible d'être différée par Israël si elle conduit à l'accusation de crimes de guerre.

Le rapport est de ce fait un permis de tuer donné au Hamas, au Hezbollah, et à tous les terroristes du monde. Pas moins.

"Les bâtards ont changé les règles du jeu," aurait dit Spiro Agnew, le vice-président de Richard Nixon, quand ses méfaits l’ont rattrapé. Il démissionna le 10 octobre 1973. C'était il y a de 36 ans, pendant la guerre de Kippour, une guerre conventionnelle, tanks contre tanks et soldats contre soldats, sans présence civile aux alentours. Et donc sans enquêtes pour crime de guerre.

Mais depuis cette victoire israélienne, les choses ont changé. Face à la supériorité de ses forces de la défense, l’attaque terroriste contre les civils est devenue l'arme de choix des ennemis d’Israël. Et voila que le rapport Goldstone change les règles de la guerre en faveur des terroristes. Tant qu'ils opèreront dans un environnement civil, ils ne devraient pas avoir à s'inquiéter.

Le Hezbollah a été le pionnier de cette tactique au Sud-Liban et il l’a utilisée très efficacement pendant la deuxième guerre du Liban. A Gaza, sous la tutelle du Hezbollah, le Hamas a marché sur ses pas. Et le rapport Goldstone lui donne à présent un fondement en droit international, qui peut très bien servir de jurisprudence dans toute confrontation à venir avec des terroristes.

La guerre contre le terrorisme sera fortement influencée par ce changement sur tous les champs de bataille : elle renforcera les capacités du terrorisme partout que le juge Richard Goldstone en ait conscience ou pas. Il sera particulièrement préjudiciable pour Israël dont les civils sont sous la menace presque constante des terroristes.

Les forces de défense d’Israël ont montré, au cours de l’opération Bouclier de Défense que la théorie consacrée selon laquelle on ne peut pas vaincre le terrorisme par des moyens militaires est totalement erronée.

Si on considère que l’on ne peut pas en finir avec le terrorisme par la dissuasion, on peut en venir à bout physiquement par des moyens militaires. Les terroristes peuvent être poursuivis dans leur tanière et être éliminés ou traduits en justice. Depuis l’opération Bouclier de Défense, le terrorisme contre les civils israéliens a quasiment cessé en Judée et en Samarie. Désormais, du fait du rapport Goldstone, il va être difficile de renouveller ce genre d'opération.

Le rapport est un coup contre ceux qui mènent la guerre le terrorisme, contre toutes les nations engagées dans ce combat. Si tout va bien, les nations auront la force et la volonté politique de rejeter le rapport, d’expliquer à tout le monde que les opérations terroristes lancées à partir de zones civiles sont des crimes de guerre, et que les tentatives de mettre un terme à ces agressions n’en sont pas. L’utilisation des civils comme boucliers humains constitue un crime de guerre.

S’il n’en n’est pas ainsi, nous pouvons prévoir que les zones massivement peuplées deviendront des bases d’opérations terroristes dans de nombreuses régions du monde, en comptant sur "le droit international" pour enrayer les contre-attaques.

Sachant bien que son existence est en jeu, Israël trouvera les moyens de se défendre dans ce nouveau contexte. Mais le processus de paix en sera retardé. Il ne sera pas le moment de prendre de grands risques.

Merci Juge Goldstone. La route à l'enfer est pavée de bonnes intentions.