77% des Arabes israéliens préfèrent plutôt vivre en Israël que dans un autre pays, quel qu'il soit
par Bradley Burston, correspondant de Haaretz aux États-unis
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Thème : Proche-Orient
Article paru le 23 juin 2008
Titre original : Poll: 77% of Israeli Arabs would rather live in Israel than in any other country in the world
Traduction : Objectif-info
Selon un sondage d'opinion récent organisé par l'École Kennedy de l'Université de Harvard, 77 pour cent des Arabes israéliens préfèrent vivre en Israël plutôt que dans un autre pays du monde, quel qu'il soit.
L'enquête porte sur un échantillon de 1.721 Israéliens, des Arabes et des Juifs. Elle a aussi montré que 73 pour cent des juifs et 94 pour cent des Arabes veulent qu'Israël "soit une société dans laquelle les citoyens arabes et juifs vivent dans le respect mutuel, avec une égalité des chances."
L'École Kennedy affirme dans son rapport que le sondage a abouti à un certain nombre de résultats surprenants, qui révèlent un niveau de coexistence plus élevé que prévu
Cette étude intervient dans une période agitée qui touche certains secteurs où il y a des clivages entre Arabes et Juifs au sein même d'Israël.
La parution du sondage a coïncidé avec les célébrations du soixantième anniversaire de la Déclaration d'Indépendance de l'État qui ont été largement boycottées par les Arabes israéliens.
Les députés arabes israéliens ont imputé ces boycotts à un phénomène de discrimination généralisée. En même temps, Limor Livnat (député du Likoud) a proposé que la Knesset supprime l'Arabe de la liste des langues officielles du pays.
Cependant, le professeur Todd Pittinsky, directeur de recherches au Centre de management public de l'École Kennedy, responsable de la recherche qui a conduit à ce sondage, a déclaré que les résultats obtenus manifestaient l'existence d'un phénomène inverse. Dans son rapport Pittinsky affirme que la plupart des médias centrent leurs reportages sur les divisions entre les citoyens juifs et arabes en Israël et ne prennent pas assez en compte les efforts sincères et concertés de coexister pacifiquement.
Selon le sondage, 68 pour cent des citoyens juifs sont favorables à un enseignement de l'arabe parlé dans les écoles juives pour encourager les échanges entre citoyens arabes et juifs.
Les informations réunies montrent également que plus des deux tiers des Juifs israéliens (69 pour cent) ont répondu qu'ils croyaient que l'effort pour parvenir à la coexistence relevait de leur responsabilité personnelle.
Selon Pittinsky, "tous les jours, des expériences novatrices de coexistence sont menées".
"Sur le terrain, en Israël, les gens fréquentent des foyers municipaux qui permettent les échanges culturels ; dans des écoles bilingues comme le réseau "Main dans la main", de jeunes enfants juifs et arabes se familiarisent culturellement les uns avec les autres. Cela mérite autant d'attention que les roquettes et des barrages routiers. Ces expériences devraient être consolidées, étudiées, financées, et faire l'objet de reportages dans les médias. En fin de compte, les tentatives les plus réussies devraient être développées sur une échelle plus large."
L'étude, conduite en Hébreu et en Arabe avec l'aide de chercheurs de l'Université de Haïfa, a été financée par la fondation Alan B. Slifka, qui a commandité un certain nombre de projets de coexistence.
"Ce rapport montre ce que nous soupçonnons depuis longtemps: l'unité des communautés juive et arabe en Israël est réalisable et elle bénéficie d'un grand soutien de l'opinion" a déclaré le philanthrope Slifka.
"Pour les responsables politiques, l'étape critique suivante consiste à introduire des changements structurels avec le soutien des Juifs et les Arabes, pour réformer l'éducation, la répartition des revenus, l'habitat et les autres sources d'inégalité qui affaiblissent l'unité nationale."
